Tout mortel a le sien : cet ange protecteur,
Cet invisible ami veille autour de son coeur,
L'inspire, le conduit, le releève s'il tombe,
Le recoit au berceau, l'accompagne à la tombe,
Et portantdans les cieux son âme entre ses mains,
La présente en tremblant au juge des humains.
C'est ainsi qu'entre l'homme et Jéhovah lui-même,
Entre le pur néant et la grandeur suprème,
D'ètres inaperçus une chaine sans fin
Réunit l'homme à l'ange et l'ange au séraphin ;
C'est ainsi que, peuplant l'étendue infinie,
Dieu répandit partout l'esprit, l'âme et la vie.
LAMARTINE.